Continental Divide Trail : De Chief Mountain Border à East Glacier – 148km

J’y suis ! Rhonda me dépose à la frontière entre le Canada et les États-Unis, poste frontière de Chief Mountain Border, départ du CDT quand on le fait dans le sens nord-sud (South-Bound, sur le trail on dit SOBO)

Il fait beau à la borne frontière, cela fait 36h qu’il pleut sans discontinuer

Petite mise en jambe de 10km en suivant le permis, direction Gable Creek.

C’est pommé mais il y a une passerelle sur ce premier ruisseau à traverser
Premier paysage, pour la forme. Il a bien plu, c’est vert…

Arrivée au campsite, tout est bien organisé, une zone pour préparer les repas (Food prep area), une zone pour suspendre les bear bags, un WC de campagne genre WC de chantier, et les emplacements pour les tentes. Chacun espacé de 50m environ. Interdiction de préparer les repas ou de manger dans les tentes, pour que les ours n’aient JAMAIS envie d’y entrer…

L’aire de camping de Gable Creek
Le Bear Bag Hanging Pole – C’est là qu’on accroche les sacs de bouffe, pour que les ours ne les atteignent pas.

Premier jour et premier contrôle de permis par un ranger, il pleut comme pas possible, il est 18h, on se demande d’où elle arrive !! Visiblement ça ne rigole pas.

Le lendemain il fait beau et j’attaque la grosse étape, pas idéal pour un début. 37km et +1300m jusqu’à Many Glacier où je vais aussi camper (en théorie). Belle étape avec quelques passages enneigés.

Un paysage très cowboy
Décidément les rois des passerelles
Il a neigé la semaine précédente, et la veille aussi…
On voit bien la limite avec la neige de la veille
Ça c’est un Petit Con, il y en a partout. Ça a l’air mignon mais c’est une plaie, ça bouffe tout, ça perce tout et ça n’a peur de rien. Pire que les grizzlys.
C’est bien neigeux à Redgap Pass (pass=col) , mais facile
Un lac avant d’atteindre Many Glacier

A Many Glacier, après 37km, de la pluie sur la dernière heure, et les pieds fatigués, petite surprise : le camping est interdit aux tentes (ici c’est un gros camping touristique), il y a un ours qui y traîne ! On ne va pas insister, j’opte pour une cabane (c’est une tente en dur).

On continue l’étape le lendemain, il faut passer Peagan Pass. 25km et +1000m. C’est tout mimi sur les premiers km, je suis quand même impressionné par les traces d’ours sur le chemin. Pas envie de croiser la bestiole.

Bon bé voilà ma première trace d’ours. Il y en aura plein d’autres après.

On attaque la grosse neige sur quelques km c’était pas prévu mais l’ambiance est super. On a bien 1,5m de neige, facile à marcher sans raquettes heureusement.

Snow field

Ça se corse, il faut passer un torrent plutôt violent, de nombreux randonneurs ont renoncé et fait demi-tour (mais je ne le savais pas encore, c’est un ranger qui me racontera ça quelques jours plus tard). L’eau est froide (très), à mi-cuisse, et je m’y reprends à 3 fois avant de trouver le passage le plus sur. Je repars vite pour me réchauffer.

On ne se rend pas trop compte bien sûr… Mais ça fait bien
6m de large.
La même en vidéo

Et je me réchauffe vite, une grosse pente neigeuse de 300m de dénivelée suit, je l’attaque tout droit avec mon mini piolet et mes mini crampons. Ça ne tient pas bien du tout, et je glisse une bonne dizaine de fois, rattrapage grâce au piolet. C’était chaud. Au sortir de la pente, très fort vent qui m’accompagne jusqu’au col, je suis obligé de m’arrêter accroupi à plusieurs reprises le temps que la bourrasque passe. Mais c’est beau !

Que c’est zouli !
Une indication des pentes montées…
Panorama depuis Peagan Pass
Montagne typique des vallées glaciaires

La descente se fait dans de grands champs de neige en pente douce, jusqu’à l’arrivée à Reynolds Creek Campsite où je passe la nuit.

Le lendemain, direction Red Eagle lake, petite étape de transition de 15km, sans possibilité de poursuivre sur le chemin du CDT car celui ci est fermé par les rangers après le lac pour cause de présence trop importante d’ours.

Le cheminement se fait à travers une vallée qui a brûlé 2 ou 3 ans auparavant, au moins la vue est dégagée et l’ambiance est magique.
Le torrent impétueux qui suit la vallee
Red Eagle Lake

Le lendemain, 16km back to St Mary où je passe la nuit avant de rejoindre Two Medecine en stop. J’y reprendrai le chemin qui permet de finir la traversée du Park de Glacier et d’arriver à East Glacier, avant la traversée de la Lewis and Clark Range, à priori la zone la plus sauvage du périple.

Un randonneur local américain qui s’appelle Ruben me prend en stop depuis St Mary jusqu’au sentier, à Two Medecine. Ce n’était pas sa destination mais le gars genre heavy metal têtes de mort en déco est super sympa et fait un détour de 30km pour me déposer… Ça fait réfléchir. Sa voiture très typique, je ne résiste pas
Celui là je ne l’avais pas encore vu, visiblement sur cette zone en plus des grizzlys on a droit au Mountain Lion (c’est juste un puma, en fait. Mais en bon américain il faut en rajouter un peu)
Paysage du coin, cette portion me rappelle beaucoup les Pyrénées. Ça me plait ! J’ai du bol d’être ici !
Panorama avant la descente vers East Glacier
La première marque CDT que je vois !

Finalement je reste 2 nuits à East Glacier pour reposer la mécanique qui semble en avoir besoin, une grosse douleur à la hanche me fait bien couiner depuis 2 jours, mais quand je marche avec le sac à dos elle disparaît…(wtf??). De plus je dois récupérer le colis de bouffe que je me suis envoyé de Seattle, et la poste ouvre lundi à 8h30.

Si tout se passe comme prévu, prochain post à Augusta, 215km plus loin après la traversée de la Lewis and Clark Range et de la Bob Marshall Wilderness, dans une huitaine de jours.

PS: j’ai goûté l’ersatz de sauciflard, c’est pas mal ça rappelle le pays. Mais c’est comme tout ici, c’est too much! (trop salé, trop gras, trop sucré. C’est la bouffe locale…)

Re-PS : l’un des buts de ce voyage étant l’introspection, un premier update :

  1. Ma famille me manque beaucoup, les soirées sont très difficiles et je me demande régulièrement ce que je fous ici. Je dois dire que dans un sens je suis content de ressentir cela !
  2. Je me sens toujours vaguement (voire plus) coupable d’avoir laissé mon associé, ma famille, et spécialement mon épouse et ma fille, se débrouiller du quotidien et du travail alors que moi je n’ai qu’à penser à marcher-dormir-manger.
  3. Je me rends de plus en plus compte de la famille formidable qui m’entoure, que je ne remercierai jamais assez. Particulièrement mon épouse qui m’a soutenu depuis la germination du projet, et qui me soutient encore. Et ma fille que je ne verrai pas pendant ses vacances, du moins si l’aventure va jusqu’à son terme/terminus. Je regarde son Carambar de temps en temps et ça me requinque. ❤️
Le VRAI Départ – 1ère étape du 20 au 25 juin 2022

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6 thoughts on “Le VRAI Départ – 1ère étape du 20 au 25 juin 2022

  1. Genial ton blog, on a un peu l’impression de faire partie du voyage. On est de tout coeur avec toi… Merci pour ces belles photos… J’ai hâte de voir la suite. On t’aime tres fort.

  2. Merci pour ton blog …on voyage pas cher grace à toi !
    On regarde tes photos et on s’imagine que ce voyage est aigre-doux; il y a à la fois une belle aventure avec des paysages magnifiques et en même temps la solitude, les dangers et la fatigue physique…
    Le sens de ce voyage viendra lorsque ton mental, ton coeur et le physique seront alignés .
    On pense fort à toi ! Bisette

  3. Ça vaut le détour Frederic ( permettez) ….les paysages sont exceptionnels !!! La nature avec un grand N .
    Mes pensées vous accompagnent
    Bravo et bonne route .

  4. …le randonneur au long cours n’est pas maso.Il cherche la récompense au bout du chemin et de l’effort. Alors là, on est servi. Paysages magnifiques, d’une grande variété; situations parfois cocasses…Un régal pour le lecteur. Bravo. Tout ira bien.
    On pense bcp à toi et,évidemment,on te soutient.
    Big bizziz.

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