Continental Divide Trail : De Lincoln à Helena – 110km
Après un retour en stop facile une fois de plus, je repars donc d’un bon pieds de Roger Pass pour cette étape de 4 jours. La douleur à la hanche a fini par disparaître et il ne reste plus que les bobos récurrents (ampoules, quelques douleurs musculaires, chevilles, talons) qui se guérissent lors des jours de repos.
Cette journée de 28km/+1340m commence par une première montée bien raide se fait à un rythme de sénateur et permet d’atteindre la crête paisiblement. Fin des rushs. Je profite du paysage et de l’ambiance matinale.

Le paysage évolue encore. Bien qu’à des altitudes comprises entre 1600m et 2500m, on a l’impression de quitter la vraie montagne. Le relief s’adoucit, j’ai plus une sensation massif central, ouaih bon ok puissance 10 quand même. Et toujours cette impression d’infini. Les +1340m passent tout seul, la machine s’habitue (et le chemin était facile).



Je commence à maîtriser mon appréhension, un vrai plaisir dans ce bivouac en solitaire sur la crête. La forêt est extrêmement silencieuse et calme, je m’endors instantanément.
Le 2ieme jour 30km/+1070m et il est prévu des orages vers 15h, le mieux est de ne pas traîner d’autant que tout le parcours se passe sur la crête. Heureusement le chemin est toujours aussi facile que la veille.


Pour tout dire c’est agréable de marcher sereinement, les 2 premières semaines ont été bien costaudes. Pause bienvenue et bivouac solitaire sur un col entre quelques arbres.

Troisième jour 32km/+1350m, le parcours en lui même est très facile ça roule tout seul, beaucoup de chemins blancs carrossables et je me rapproche de la civilisation, que je commence à apercevoir depuis le chemin. Ce n’était pas arrivé depuis le départ, il y a 600km environ. Malgré tout le début de la journée est laborieux, je n’ai pas trop la patate et pressent une journée pourrie. Des bouses balisent l’itinéraire, la vache du Montana fait son œuvre. Elles se baladent un peu partout en forêt et dans les pâturages.



Cette étape est caractérisée par le manque d’eau, souvent 20km entre 2 sources. Ça change par rapport au début où j’avais les pieds mouillés en permanence. Bon bref. En cette fin de journée après environ 30km je me retrouve à sec, et je cherche une source. Les cartes en indiquent une située 800m en contrebas en suivant un chemin blanc situé le long de quelques habitations éparses, anciennement logements de mineurs (pas mal de mines d’or dans le coin) .
Je m’y rends et fais le plein, pour le soir, le matin et le lendemain (soit 4l environ). Je recherche également un endroit pour bivouaquer, et j’aperçois un type en train de bricoler sa cabane et lui demande s’il connaît un endroit où planter la tente. Bon ben c’est pas compliqué, il me dit bah oui, dans mon jardin, et puis en plus tu n’auras qu’à dîner avec nous et aussi faire ton petit déj. Je suis sur le cul, la journée semble finir sur un « trail magic » après ce début maussade.
C’est donc Brady et Merla qui vont m’héberger ce soir ! Génial! Brady, chasseur à l’arc et au fusil depuis toujours, ancien travailleur sur derricks pétroliers, ancien patron d’une boîte d’élagage qu’il a dirigée avec Merla. Ils me reçoivent comme un membre de leur famille, j’ai droit à la visite des lieux qui nous amène devant le coffre fort des armes (TOUS les Montanans ont au moins une arme). Là c’est lui qui est sur le cul quand je lui dis n’avoir jamais utilisé ni même vu d’arme avant ! Brady veut y remédier et m’offre une formation accélérée :
- Tir à L’AR15 (mitraillette de guerre) avec visée laser, hyper impressionnant d’efficacité, au deuxième tir je touche une cible de 5cm à 40m. Ça fait peur.
- Tir au 22 long riffle (tout petit calibre), tout maniable rigolo, zéro recul.
- Tir au Smith & Wesson Magnum 500, le plus gros pistolet du monde. C’est une balle creuse de 12,7mm de diamètre, c’est énorme… Elle est 25 fois plus lourde qu’une balle de 22 long rifle! Le recul te fait couiner grave.
Ça amuse beaucoup Brady de me faire tirer avec ce monstre, je tire une seule balle et j’ai ma dose. Ça m’explose les bras et ça me rend sourd :


Nous ne sommes pas les seuls à tirer dans le coin, on entend des tir de partout… Culture locale, tirer un petit coup le soir ça fait du bien visiblement.
Après ça j’aide Brady à bricoler, il est en train de construire la salle de bains. Je joue au manœuvre, c’est cool.

Merla me prépare un dîner de marcheur (salade de pâtes et hot-dogs), fraise au dessert, le luxe ! Je monte la tente dans le jardin, une aire a été réalisée à cet effet quand ils accueillent leur famille.

Le lendemain j’ai droit à un petit déj, et même un sac de provisions pour la marche et 2 pots de confiture maison de Huckleberry, une sorte de petite myrtille, hyper bon. 2kg de plus dans la sac, mais c’est encore plus de générosité… Mes hôtes ont vraiment le cœur sur la main et je trouve ça incroyable de décider d’accueillir un étranger chez soi comme ça, en quelques secondes. Une autre leçon. On s’échange nos coordonnées, et je suis très très ému le matin quand je repars pour la quatrième et dernière journée de l’étape, 28km/+910m au cours de laquelle je repense beaucoup à la soirée de la veille, « full american experience ».


Donald’s Pass


La journée se finit par un stop fastoche vers Helena, où je reste un jour pour me reposer, changer mes chaussures qui son usées (700km au compteur) et refaire le plein de bouffe pour 4 jours jusqu’à un fast stop à Butte où je passerai juste une nuit, avant de repartir 3 jours pour aller de nouveau à Butte ou je resterai probablement pour un jour de repos. Next post then.

Coucou l’aventurier, super les photos… Tu sembles avoir pris le rythme, c’est chouette ! Pleins de bisous… On pense à toi tres fort.
Salut Freddo
Ce petit message pour te booster et renforcer ton énergie
Ça à toujours l’air sympa ! Ton allure de grizzly s’affirme ! Grrrrrr
À propos des gens qui t’ont accueilli, j’ai remarqué que plus les gens sont isolés plus ils sont accueillants et partageurs. Je crois que c’est dans la nature humaine.
Profites
Bonne journée