Continental Divide Trail : De East Glacier à Augusta – 215km
Je repars donc de East Glacier le 27 juin, chargé de 8 jours de nourriture pour la traversée de la Lewis and Clark Range et de la Bob Marshall Wilderness. Le sac est un peu plus lourd, mais c’est là que je me rends compte qu’avoir un poids de base d’à peine 5,2kg (càd poids du sac incluant tout sauf l’eau et la nourriture, mais y compris le gaz du réchaud) est un vrai avantage, puisque dans cette configuration j’estime le poids total du sac à environ 12kg, ce qui est très peu. Par ailleurs je ne transporte pas d’eau, car il y en a partout et je la filtre au besoin.
Première journée type transition (encore !), je longe le sud du parc de Glacier jusqu’à Maria Pass ou je campe après 27km/+670m faciles.




Le seul hic c’est que le campement est précisément à cet endroit, où les trains de marchandise de plusieurs km de long se croisent et s’attendent à toute heure, et donc la nuit également, dans un boucan d’enfer. Sans parler de l’autoroute qui est à 30m des tentes. Les bouchons d’oreille n’y feront rien.

C’est donc bien reposé et en forme que je pars pour la 2ieme journée de l’étape, 25km/+790m plutôt gratinés. En effet après quelques km je trouve ce que les randonneurs US appellent des blow downs, c’est à dire dire des arbres couchés sur le chemin, soit à cause du vent soit à cause de la neige, en général dans les zones brûlées.

Et donc ce fichu mikado m’a pris 6h d’efforts, pour faire en gros 7km. La misère. La suite de la journée est plus roulante, même si les moustiques attaquent fort. Une espèce de moustiquaire ambulante que je me mets sur la tête sème la déroute chez l’ennemi. Petite victoire.


Campement au bord d’un lac-mare, nous sommes plusieurs et je dois dire que cela me rassure, je ne suis toujours pas à l’aise à l’idée des nounours qui traînent.
Lever à 5h15 et départ à 6h45 pour la troisième journée de l’étape. 30km/+1300m. J’ai mis une heure et demie à me préparer, il va falloir améliorer ça pour pouvoir se reposer plus. Bon, chaque chose en son temps.


Après un campement au bord d’un torrent (avec le même groupe), départ de la 4ieme journée, 33km/+680m



On peut aussi avoir ça:
Le groupe avec qui je dors souhaite prendre une variante (Spotted Bear Alternate) , qui raccourcit l’étape de 20km environ (soit un jour de moins). C’est une bonne idée, car cette variante est très « scénique » et on traîne tous plus ou moins la patte. Et puis bon, je suis toujours reticent à dormir seul, même si dans le fond c’est ce que je veux faire. Donc banco et c’est parti pour le 5ieme jour, 32km/+960m, qui nous donne un avant goût du fameux Chinese Wall à venir le lendemain.






Je campe avec le même groupe, et je repars le lendemain toujours à 6h45, avec en tête l’idée de marcher seul et de dormir seul pour la sixième journée, 35km/+1100m. Le Chinese Wall m’attend. Le temps est magnifique, et je ne vais pas être déçu.




Le soir venu je campe donc seul, il commence à pleuvoir mais l’ambiance est sereine. Dodo de bébé, je m’habitue à cette nature si puissante.
Je repars pour finir l’étape vite fait, 19km très faciles en 4h pour arriver au terme du trail où je fais du stop pour aller à Augusta, village le plus proche situé à environ 60km du début du chemin (trailhead). Je compte y rester un jour (2 nuits) pour me reposer.
Le stop est assez rocambolesque, un gars méfiant m’embarque dans la benne d’un pick-up alors qu’il pleut, et me dépose à mi-chemin complètement pommé et frigorifié, mais ça valait le coup ! Experience unique !
Une autre personne finit par me récupérer et me mène directement au motel, typique.

Le motel est complet, on est le 3 juillet veille de la fête nationale. Un gars cherche à partager sa chambre pour diminuer les frais, j’y vais. Je reviens après diner, et je trouve 2 autres randonneurs à qui il a proposé de partager la chambre. Nous sommes donc 4 dans 12m2. Il fait 30°C, et le gars (celui d’origine) a froid. Un des 2 invités dort avec lui, et l’autre par terre. Folklore. A 2h du matin, je suis réveillé par des ronflements qui tiennent plus du barrissement que de l’humain. N’y tenant plus, j’embarque mes affaires de camping et je finis la nuit sur le trottoir en béton devant la porte de la chambre sous le porche, où je dors comme un loir. Vacciné par les ours, je crois ! Chaque jour ses aventures, on-trail or off-trail.
Je n’ai plus qu’à récupérer une box à la poste, et demain je repars pour la troisième étape, de Augusta à Lincoln, en 3 jours pour 93km/+3500m.
