Continental Divide Trail : De Butte à Anaconda – 158km

Après mon jour de repos à Butte, je continue mon bonhomme de chemin sur le Continental Divide Trail, départ pour cette étape avec un retour en stop au trailhead depuis le camping, transporté par la gérante du KOA qui me propose de me ramener gentiment le matin au départ (à environ 20km quand même…). Encore un exemple de gentillesse.

Ce premier jour je pars pour 36.6km/+1375m, et les paysages sont de nouveau différents et très beaux.

Je rentre dans la forêt de Beaverhead-Deerlodge
Le parcours est semé de constructions granitiques surprenantes!
Encore…
Bah je chemine sur le euh… chemin.
et je sentine sur le euh… sentin(?). On voit pas grand chose sur cette vidéo quand même….
Top bivouac sur un petit col

Le deuxième jour, en route pour 43.5km/+1360m. Je suis maintenant assez en forme pour enchaîner les journées de 40km et plus (un peu). Journée moins photogénique mais bonne marche sur le CDT, je continue dans des massifs granitiques un peu moins spectaculaires.

Par contre aujourd’hui, trail magic auto-réalisé, avec session pizza+bierre on-trail, assez unique!

Yep, le sentier croise une petite route après environ 20km, et un peu avant midi je retrouve un couple sympa de randonneurs que j’avais vu à Glacier (Renée et Joe, leurs petits noms).

Joe (surnom Joe Cool, Joe Smart) a l’idée de commander une pizza et du coca pour le repas de midi. On va se les faire livrer depuis Butte sur le sentier. VERY GOOD! Ça me changera de mes repas fromage+crackers+jerky. Joe trouve du réseau sur un col, passe la commande, et on se retrouve à midi avec pizza+coca, trop cool! Vient alors le deuxième bonus par l’effet du trail magic, une dame qui passait par là marcher un ou deux km nous propose gentiment de la bierre fraîche, qu’elle transporte dans une glacière dans sa voiture! Et nous voilà donc avec un déjeuner royal, on mange on boit, on mange on boit, super ambiance, plus dure sera la chute of course… et après-midi très difficile, bide trop plein, mal au bide, pas de jambes, et pas surpris, hein.

Je fais quand même les 23km restants péniblement jusqu’au soir. Je plante ma tente direct et m’allonge pendant une heure avant de grignoter 3 crackers, g po faim… C’était top, à refaire dès que l’occasion se présentera!

The only picture of the day! Je continue dans le granite.

Je bivouaque de nouveau sur un petit col, avant d’attaquer la troisième journée pour 41,6km/+1065m.

Changement complet de type de paysage, montagnes très arrondies de nouveau et descente tranquille vers la vallée qui me permettra de rejoindre le prochain massif. Les constructions granitiques ont disparu.

Par contre la journée finit mal avec une grosse ampoule qui apparaît pendant les 10 derniers km sous l’avant du pieds. On verra demain….

Le relief redevient très doux, en descendant vers la vallée.
L’été en pente douce.
Un petit monument dans la plaine
Paysage depuis ma pose déjeuner, dur de repartir….

Bivouac à coté d’une source, je ne peux plus avancer d’un mètre à cause de mon ampoule et je monte la tente en vrac au bord du chemin. Renée m’a donné de l’alcool pour aider à sécher l’ampoule, j’espère que ça ira mieux demain.

Et le lendemain, bon bé non, c’est la misère… Départ à l’aube, je sens que la journée va être longue. Je souffre le martyr à chaque pas, et j’ai 36.5km/+1000m à parcourir. Ce sera ma journée de rando la plus difficile, non seulement de ce périple, mais de toutes mes randos passées (et j’espère futures!). Je compte les mètres, m’arrête tous les 2 ou 3km. Un coup on change de chaussettes, un coup on crève l’ampoule (qui s’est étendue entre les orteils), un coup on met un pansement, on l’enlève, on met une double peau, on l’enlève… Mais je finis par apercevoir la route qui permettra de faire du stop jusqu’à Anaconda, avec un dernier coup du sort : le sentier est complètement barré par des arbres et des branches sur les 3 derniers km, il faut prendre une piste qui rallonge de 2km. C’était pas tellement le moment.

Avec la route en vue, je guette les véhicules. En 30mn j’en vois 2 qui se suivent et qui passent alors que je suis à peine à 200m de la route. Bien sur ils ne me voient pas, j’étais trop loin. Pas de bol sur ce coup là, et je me dis que le stop va être difficile (très) au vu de la faiblesse du traffic. Je décide de sauter au milieu de la route pour arrêter la première voiture qui passera, ce que je fais après 20mn d’attente environ.

Le conducteur choisit de ne pas m’écraser. Il est tout de même un peu suspicieux compte tenu de cette attaque en règle…. Mais très sympa comme tous les américains rencontrés, il accepte de m’amener à Anaconda (ça lui fait quand même un détour de 30km). Il me dépose devant le Trade Wind Motel. Je vais y séjourner au moins 2 nuits le temps de voir l’évolution de cette ampoule. Les gérants (Wydette et Khaled Demachki) sont super accueillants, et ça tombe bien. Wydette propose de m’amener direct à la pharmacie en voiture. J’y récupère de l’iode, des Compeeds et des semelles intérieures pour mes chaussures. A mon retour, Wydette me propose de dîner avec eux, vraiment trop sympas incroyable! Wydette qui est d’origine Libanaise prépare un vrai repas avec de la vrai cuisine, un délice! Encore un chouette moment de générosité…

Wydette et Khaled, mes hôtes extra du Trade Wind Motel à Anaconda!

J’applique consciencieusement l’iode. Par « magie » et dès le lendemain, j’ai beaucoup moins mal et le sur-lendemain je suis prêt à repartir. Ceci dit je ne suis pas très sur de mon coup. Je vais quand même éviter la marche sur toute qui doit démarrer la prochaine étape. En conséquence je pense faire seulement une dizaine de km sur sentier pour voir ce que ça donne. Si tout va bien je pourrai continuer, sinon il faudra plus de repos.

Du coup je ravitaille et c’est reparti pour la prochaine étape de Anaconda à Darby. See you there!

6ième étape du 17 juillet au 20 juillet

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